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L'HistoireVersailles au cours des siècles

Pierre Puget

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Sculpteur des arsenaux du Roi (1620-1694)

Célèbre sculpteur, architecte et peintre baroque d’origine marseillaise, Puget réalise pour les jardins de Versailles ses plus grandes œuvres, aujourd’hui au Louvre : le Milon de Crotone et le Persée et Andromède. Etrange paradoxe pour un artiste qui ne travailla jamais sur les lieux.

Longtemps tenu éloigné de Versailles en raison de son tempérament indépendant, Puget obtient de Colbert en 1670 la commande de ses deux œuvres les plus célèbres : les groupes du Milon de Crotone (1672-1683) et du Persée et Andromède (1675-1684). Il exploite à cet effet deux blocs de marbre abandonnés sur le chantier naval de Toulon où il travaille pour les arsenaux du Roi. Livrés en 1683 et 1684, les groupes reçoivent l’approbation du Roi, un instant réticent devant leur fougue. Il leur réserve finalement la place d’honneur de ses jardins : l’entrée du Tapis vert. Les groupes y demeurent jusqu’au début du XIXe siècle, date de leur entrée au Louvre pour leur protection.

Œuvre phare de Puget, le Milon exprime toute l’intensité dramatique de l’artiste, loin des figures académiques en vigueur à Versailles. Il y a du Michel-Ange et du Bernin dans cette figure emblématique de la sculpture baroque française ! La torsion du corps, le naturalisme du tronc, l’intensité de la douleur du personnage sont fascinants. Le groupe de Persée et Andromède exprime la même audace, le même traitement du mouvement en torsion.

Fort du soutien de Louvois, successeur de Colbert, Puget entrevoit d’autres commandes pour Versailles : il sculpte l’Alexandre et Diogène (1671-1693), son plus important relief, destiné aux Grands Appartements mais qui ne sera jamais installé dans les lieux (Louvre). Il envisage un Apollon colossal pour le Grand Canal, une statue équestre pour le Roi, deux groupes sur le thème d’Apollon. La mort de son protecteur en 1691 l’empêche de mener à bien tous ces projets.

Partagé entre la Provence et l’Italie, Puget réalise des sculptures admirables de force d’expression : les fameux Atlantes de l’hôtel de ville de Toulon expriment, avant les œuvres versaillaises, le génie torturé de l’artiste. Dans le même esprit, il livre en 1659 un Hercule et l’hydre de Lerne pour le château du marquis de Girardin au Vaudreuil en Normandie (musée de Rouen). Repéré à son tour par Fouquet, il exécute pour lui un paisible Hercule gaulois (Louvre), récupéré par Colbert pour son château de Sceaux. A l’encontre du goût académique versaillais, Puget avait su plaire au Roi par son audace et son sens tragique.